Nice. À cause des travaux, son restaurant est en vente : « J’ai perdu 60% de mon chiffre »

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« Je suis blasée. » C’est ainsi que Nathalie décrit son état d’esprit. D’ici avril 2025, le nouveau palais des congrès va pousser juste en face de son restaurant, « le Rocher chez Nina », dans le quartier du Port à Nice (Alpes-Maritimes). 

Si le projet réjouit de nombreux habitants, ce n’est visiblement pas le cas de cette commerçante, qui a mis en vente son établissement.

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Le palais des congrès à la place du parking

Le futur palais de congrès devrait être assemblé d’ici avril 2025 pour accueillir la Conférence des Nations Unies sur l’Océan en juin. Un projet annoncé par la municipalité depuis plusieurs mois, après la démolition du palais Acropolis dans le cadre de l’extension de la coulée verte. 

Face au chantier, Nathalie tient le restaurant « le Rocher chez Nina » depuis 4 ans. Mais ces travaux et la disparition du grand parking ont eu un impact important sur son établissement. 

« J’ai déjà perdu 60% de mon chiffre d’affaires le midi à cause de l’absence du parking », souffle-t-elle. 50% le soir, par rapport aux trois dernières années, selon son témoignage.

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« Une clientèle âgée que nous avons perdue »

Un manque à gagner qui commence à peser lourd sur les finances de l’entreprise. À tel point que Nathalie a mis son restaurant en vente.

Nous sommes en période de vacances, je suis allée rue Masséna et c’était bondé. Mais nous n’avons pas beaucoup de clients le soir, sauf grosse réservation. […] Nous avions une clientèle assez âgée que nous avons complétement perdue car ils ne peuvent plus stationner. Je garde les trois places devant le restaurant pour qu’ils puissent se garer.

Nathalie Propriétaire du « Rocher chez Nina »

Malgré une baisse significative de ses recettes, cette patronne ne « transige pas sur la qualité ». Hors de question de modifier ses matières premières. « Je ne veux pas changer de produits pour minorer mes coûts, je ne le ferais jamais », assure-t-elle. Elle sert essentiellement un plat que beaucoup apprécient : les moules frites. 

« J’ai augmenté mes prix de 15%, mais la moule frite a un plafond de verre. Nous avons moins de marge et j’ai toujours les mêmes charges fixes. » S’ajoute à cela, le droit de terrasse. Mais là encore, elle estime que le prix est bien très élevé pour le service mis à disposition.

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« J’ai dormi 3 heures cette nuit »

« Le droit de terrasse que je paye pour l’emplacement que j’ai n’est pas en rapport avec la prestation qui m’est fournie actuellement. C’est un point d’équilibre important », peste Nathalie. Sans parler de la masse salariale qu’il faut payer. « Je ne m’en sors pas. »

Le restaurant
Le restaurant « le Rocher chez Nina » est situé juste en face du chantier au port. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

Résultat, elle ne se dégage pas de rémunération. Elle a même mis fin au contrat de son cuisinier. C’est désormais la patronne, à 61 ans, qui cuisine pour ses clients et s’occupe d’une grande partie des tâches. « Vous n’avez qu’à regarder, j’ai dormi 3 heurs cette nuit, on a un rythme effréné », confie-t-elle en remontant ses lunettes de soleil.

Cette commerçante, mais aussi riveraine, va jusqu’à espérer ne pas rouvrir après ses congés annuels. Elle va fermer pour deux mois. « Je connais mon coût mensuel à vide. »

« J’ai hâte de voir le projet final », dit la patron de la Shounga

À côté du restaurant de Nathalie se trouve celui de la Shounga, tenu par Patrick depuis plus de 20 ans.

Contacté par actu Nice, il dit avoir « hâte de voir le projet final » et estime qu’il « sera un plus pour le quartier car cette nouvelle clientèle va être obligée de s’étaler sur le port ». S’il confirme que l’absence de parking est une problématique, Patrick veut « aller de l’avant ». Le restaurant accuse également une baisse de chiffres d’affaire mais le Niçois le justifie surtout par la mauvaise météo.

En juin 2025, il sera même prêt à adapter son offre aux congressistes, voire à instaurer une ouverture de son bar à tapas à l’année. « Je suis quelqu’un qui positive », insiste-t-il. « Le port est en train de monter. »

Attendre juin 2025 ? « Mon entreprise sera morte »

Nathalie ne peut plus attendre, ni même jusqu’en juin 2025 où les congressistes devraient affluer : « D’ici là, mon entreprise sera morte. Je ne dis pas le contraire que ce sera très bien en juin, mais entre le droit de terrasse, les coûts qui ont augmenté, la clientèle perdue… »

La dalle de béton qui abritait le fameux parking est en train d’être détruite depuis la mi-octobre. Le projet, déjà en marche, comprendra une nouvelle gare maritime, une salle polyvalente, un « pavillon de la Mer », un complexe de 3.800 m² et un roof-top végétalisé. 

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