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Jean-François l’a découvert « par hasard ». En marchant dans la rue, il tombe sur un permis de construire accroché devant l’entrée de l’immeuble voisin. Le panneau indique qu’une antenne-relais va être installée sur le toit du 10 rue Ribotti, en plein centre-ville de Nice (Alpes-Maritimes).
En fouillant, ce riverain du 18 rue Scalièro se rend compte qu’il s’agit en fait de l’implantation de six antennes dont certaines seront situées « à 2,50 mètres » de sa chambre. Une douche froide pour lui et son épouse.
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« On est dessus, jour et nuit »
Jean-François et Joëlle sont épuisés. « On n’en dort plus la nuit. Cela fait un mois qu’on est dessus, jour et nuit », souffle celle qui gère la paperasse pour tenter de bloquer le dossier. Début octobre, ils découvrent l’existence de ce projet : l’installation de six antennes Bouygues sur le toit de l’immeuble voisin.
Jusqu’ici, on pourrait se demander en quoi cela les concerne. Seul problème, leur bâtiment étant plus haut que celui attenant, le couple se retrouverait avec ses infrastructures de télécommunication à… 2,50 mètres de leur chambre et de leur terrasse. « C’est la sidération la plus totale pour nous », raconte Jean-François.

« Nuisances visuelles, sanitaires et financières »
Concrètement, il est prévu d’implanter six antennes-relais intégrées dans trois fausses cheminées et un faux mitron. L’une sera érigée sur 1,30 mètre et 2,80 mètres de haut. Selon les plans consultés par actu Nice, elles viendraient en effet « cacher le soleil » et ainsi, diminuer la luminosité dans l’appartement.
Le couple, qui vit ici depuis 35 ans, estime une baisse de la valeur de leur bien d’environ 20 à 30% sur le marché immobilier. Le 18 octobre, ils ont écrit un courrier à la municipalité en recours gracieux.
Nous aurons évidemment une nuisance visuelle, mais également sanitaire. Vous vous rendez compte, de telles ondes à 2,50 mètres de notre lit. Rien ne prouve que cela est dangereux en effet mais rien ne prouve non plus que ça ne l’est pas. Et aussi financière, notre appartement ne vaut plus rien. On a travaillé toute notre vie pour rien !
Des photos montages pour montrer l’impact
Jean-François a même réalisé des projections à l’aide de photos montages afin de mieux démontrer l’impact pour son habitation. Voici où se trouveront les futures antennes d’après les mesures annoncées dans le dossier :


Selon les plans, cinq coffrets techniques seront également installés très proche du mur de leur terrasse. « On n’a rien contre les antennes-relais, au contraire, on se sert de nos téléphones et d’Internet comme tout le monde. Mais quand même… Ce n’est pas possible. Trop c’est trop. Ce que l’on demande, c’est pourquoi on autorise ça ? »
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« On ne peut pas se laisser faire »
D’autant qu’il est demandé aux opérateurs de « privilégier la mutualisation » des antennes existantes avant d’en développer de nouvelles. Jean-François se questionne également sur les ondes radio et leurs impacts, dans une zone centrale de Nice déjà largement couverte par la télécommunication.
Le pot au rose, c’est que nous sommes vraiment impactés un maximum, le plus du quartier. C’est inacceptable. Et on ne parle pas d’argent là. Sans parler des concertations qui éviteraient ce genre de situations, on remue ciel et terre et ils doivent se dire « encore des gens qui râlent » mais chacun défend son bifteck, on ne peut pas se laisser faire.
Jean-François envisage même de s’opposer physiquement aux travaux le jour où les ouvriers se rendront sur place. Il n’espère qu’une chose, une « prise de conscience » de la part de l’opérateur, du syndic de copropriété voisin et de la municipalité. Le couple le martèle : « On ira jusqu’au bout ».
Le syndic de l’immeuble voisin « comprend »
Contacté par actu Nice, CDS Gestion, le syndic de copropriété du 10 rue Ribotti, dit avoir bien reçu la contestation de Jean-François et Joëlle Ollive. « J’ai réceptionné un mail hier, c’est tout récent car je ne connaissais pas leur existence avant », tempère François Gilles, le responsable de l’agence, ce vendredi matin. Ce dernier a transmis à l’opérateur Bouygues et au conseil syndical.
« Moi je peux comprendre ce monsieur. J’entends parfaitement ses doléances et c’est son droit de contester le projet. Nous aurons peut-être la possibilité de le modifier afin de minimiser l’impact », assure-t-il.
Mais « la copropriété est bailleur, pas maître d’ouvrage ». Le responsable rappelle toutefois que cette installation a été votée en assemblée générale et qu’une déclaration en mairie a été faite avec un dossier de présentation consultable. À ce stade, il reste, selon lui, « prématuré » de donner un avis.
Une pétition en ligne a été lancée.
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