Immobilier : une flambée des prix sur la façade Ouest en dix ans

Du Calvados aux Pyrénées-Atlantiques, la hausse moyenne des prix de l’immobilier sur dix ans dépasse 45 %. Dans trois des quatre départements bretons (Finistère, Côtes-d’Armor et Morbihan), cette hausse dépasse même les 50 % précise une étude de l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir.

La baisse récente des prix sur le marché français, et par la même occasion du nombre de ventes est loin de compenser cette forte hausse. Il s’agit d’un léger rééquilibrage qui masque mal de fortes disparités territoriales. « Cette baisse des prix n’est pas du tout homogène, explique Noé Bauduin, chargé d’études pour l’association de défense des consommateurs. Dans la métropole parisienne, les prix, qui avaient déjà moins augmenté qu’ailleurs ces dernières années, ont baissé plus fortement, tandis que dans des zones qui ont été plus attractives ces dernières années, notamment à l’ouest de la France, la façade Atlantique et la Bretagne, la baisse a été beaucoup moins marquée. »

L’explication principale de cet envol des prix dans l’Ouest est d’abord démographique : selon l’Insee, les départements de la façade Atlantique enregistrent ces dernières années une croissance annuelle de leur population d’un peu plus de 0,8 %, contre 0,3 % pour la moyenne nationale.

Quand la demande dépasse l’offre…

La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer les choses. La croissance du prix de l’immobilier dans la région est ainsi quatre fois plus rapide depuis 2020 qu’entre 2014 et 2019. « Ainsi le Finistère et les Côtes-d’Armor faisaient partie des 25 % des départements les moins chers il y a 10 ans mais ils sont aujourd’hui plus chers que la moyenne », pointe Noé Bauduin, qui cite aussi les effets des achats de résidences secondaires par des ménages à fort pouvoir d’achat.

À Fouesnant, à quelques dizaines de kilomètres de Quimper dans le Finistère, le prix du mètre carré est passé de 2000 à 4 000 €. À Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), si le prix des appartements neufs a augmenté en 2025 (5 840 € le m2), celui des maisons anciennes – le cœur du marché immobilier – a baissé de 5,8 % (prix médian de 420 000 €) et celui des appartements anciens de 4,2 % (4 650 € le m2). Ces baisses l’ont parfois été par simple pragmatisme, pour parvenir à conclure une vente. Elles sont aussi relatives, puisque les hausses constatées depuis dix ans flirtent avec les 50 % dans la cité corsaire.

Le poids du logement dans les dépenses des ménages

Sur la période étudiée (2014-2024), « très peu de personnes ont vu leurs revenus augmenter de plus de 50 % », souligne Noé Bauduin. Résultat, le logement pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages.

Les foyers ont aussi subi la hausse des taux d’emprunt. Ils dépassent les 3% en moyenne, ces derniers temps. La durée moyenne des nouveaux prêts pour l’acquisition d’une résidence principale s’élève à 23 ans et 4 mois pour l’ensemble des emprunteurs, selon la Banque de France. Or, plus le temps de crédit est élevé, plus son coût augmente.

« Avec des prix élevés, conclut Noé Bauduin, plus de personnes sont empêchées d’accéder à la propriété parce que leurs revenus ne leur permettent plus d’acheter. »

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